EN 1 CLIC
 

La Cité médiévale

La singularité et l’exceptionnalité des Baux-de-Provence résident dans « la brillante réussite des interventions humaines anciennes sur un lieu aux caractéristiques physiques déjà remarquables ».

La dimension patrimoniale des Baux s’est construite au cours des siècles et s’offre aujourd’hui aux visiteurs comme un témoin « … du temps où l’homme s’intégrait dans la nature » (O. Blanc, 2014).

Fort de sa situation géographique en surplomb d’une plaine, l’éperon des Baux constitue très tôt un site attrayant pour installation des hommes. L’oppidum est facile à défendre, difficile à conquérir. Les premières traces remonteraient à l’âge du bronze ancien et l’installation permanente des hommes se renforce tout au long de l’antiquité protohistorique. Mais c’est au Moyen-Âge que débute la grande histoire des Baux-de-Provence. Fort de sa position stratégique au carrefour des terres rhodaniennes du Comtat Venaissin, languedociennes de Nîmes et Beaucaire, et provençales, l’éperon devient le bastion militaire d’un domaine féodal contrôlant 79 villes et villages des Alpilles. La vie de la Commune est alors centrée sur l’imposante forteresse, construite au 11ème siècle à la demande du prince des Baux, sur l’exploitation de la pierre et la production agricole.

La cité médiévale des Baux-de-Provence

A la Renaissance, la Cité connait d’importantes transformations. Sous l’impulsion des connétables Bernardin des Baux et Anne de Montmorency, l’ancien village médiéval austère se pare de résidences luxueuses et devient progressivement un haut lieu pour la noblesse locale et la bourgeoisie protestante. Couronne de France, protestantisme, maison Grimaldi de Monaco qui attribue le titre de Marquisat, la pierre récite l’histoire des Baux qui multiplie rattachements et révoltes. Elle dit « la grandeur de la Maison des Baux, l’orgueil et l’ambition, la puissance et la chance de ces Princes – à l’Etoile, à la fois pâtres et guerriers. La pierre dit aussi les âpres luttes intestines entre catholiques et huguenots, nous dit enfin le déclin qui suivit l’apogée, la morne déchéance de cette place forte, sous le pic du maçon et la pioche du temps » (Site Internet Histoire du château et du village).

Après une longue période de déclin au profit des communes de la plaine et de repliement sur ses terres, le village trouve un regain d’attention lorsque en 1821 le chimiste Berthier, professeur à l’Ecole des Mines de Paris trouve dans les environs une roche rouge — la bauxite qui tire son nom des Baux et permet de produire l’aluminium. La «Terre d’alumine des Baux» deviendra « bauxite » en 1861 et sera traitée à Salindres tout près d’Alès. Cette découverte va permettre aux Baux-de-Provence de connaitre une période de prospérité économique basée sur l’exploitation de cette richesse naturelle. Vignes et oliveraies occupent la plaine, dans la « montagne » on extrait la pierre calcaire et le minerai de bauxite. Le paysage se trouve transformé dans les espaces les plus austères : les carrières vont fonder la richesse aujourd’hui.

Frédéric Mistral et Alphonse Daudet portent regard sur les ruines des Baux. Les années 1950 marquent l’essor culturel du village qui attire quelques célébrités de ce monde à « l’Oustau de Baumanière », notamment des chefs d’Etat et des artistes. Ils vont fonder la réputation des Baux et inscrire ses ruines majestueuses, ses paysages grandioses et les aménités de son cadre de vie sur la carte touristique des « lieux uniques ». L’intérêt stratégique et militaire de l’Eperon et de ses ruines qu’illustrent les reconstitutions, s’est effacé au profit des plaisirs de la contemplation et de la visite.
La fermeture des carrières ouvre progressivement la voie à la requalification des sites et à leur valorisation à des fins touristiques. Sorti de l’anonymat par les artistes (Yves Brayer notamment), les Baux devenus « de Provence » en 1958 s’engage dans la voie du tourisme de patrimoine et de nature, offrant son cadre géographique à la découverte et au regard.